Archives de Tag: Ethique du care

ETHIQUE DU CARE, RESONANCE & MANAGEMENT, QUELS ECHOS AU TEMPS DU CORONA ?

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Depuis 2017 j’ai engagé une réflexion consistant à explorer ce qu’une forme d’éthique singulière, l’éthique du « care », nous « dit » des formes de management. Cette exploration se nourrit des écrits qui, depuis quarante ans, ont élaboré les théories du care, qu’ils soient issus de la psychologie, des sciences politiques ou encore de la philosophie. Ce blog en constitue l’un des moyens d’expression, en sus de mes ouvrages et des articles que je publie régulièrement sur The Conversation ou Forbes France.

Il m’est apparu récemment que l’éthique du care pouvait opportunément être rapprochée d’autres travaux, et notamment des publications de deux théoriciens allemands contemporains : Axel HONNETH (pour sa théorie de la reconnaissance ) et Hartmut ROSA (théoricien d’une sociologie de la relation au monde appelée résonance).
C’est à ce dernier que je m’intéresse ici, en essayant de retracer les connexions qui existent entre sa théorie et l’éthique du care. Elles se fondent sur les mots clés que ces deux approches de notre relation au monde me semblent avoir en partage : vulnérabilité, prendre soin, interdépendance, réciprocité, écoute (et réponse), pouvoir d’agir (autonomie), relation et reconnaissance.
Derrière ces mots se révèlent de formidables échos avec les grandes questions managériales et la pandémie que nous traversons : tout au long des paragraphes, je ferai donc le lien entre ces apports théoriques et notre quotidien de manager – et de « personne ».

NB : Cette contribution s’inscrit comme un complément du chapitre qui sera publié dans le cadre d’un e-book collectif aux Presses Universitaires de Grenoble. 

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Responsabilité, engagement et relation client : la perspective ouverte par l’éthique du care – ou quand la « relation engendre une responsabilité » et… réciproquement

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Joan TRONTO est une politologue américaine, professeur à la New York University. Depuis 30 ans, elle compte parmi les auteurs qui ont œuvré à l’émergence d’une « éthique du care » sur laquelle je fonde une approche renouvelée du management. Dans un ouvrage paru en France en 2013 (Contre l’indifférence des privilégiés. A quoi sert le care ? C. Gilligan, A.R. Hochschild et J. Tronto, Payot), elle développe une thèse passionnante pour qui s’interroge sur l’incapacité de nos grandes organisations à bien traiter leurs publics de façon durable, homogène et qualitative – qu’il s’agisse de clients, patients, locataires, etc. Comment créer de « l’engagement » au sein des équipes ? Comment exceller dans la relation client ? Comment créer une expérience client mémorable ? Autant de questions – et d’ambitions – qui reposent sur un Grand Malentendu…

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Expérience collaborateur & management par le care : le piège du « collaborateur roi »

Au même titre qu’il est convenu aujourd’hui de transposer dans le champ managérial les concepts et les méthodes issus du monde de l’expérience client – du parcours client au parcours collaborateur, par exemple[1] – il m’a semblé intéressant de réfléchir ici à ce que représenterait la transposition du sujet du client roi. A l’heure où les démarches « expérience collaborateur » se développent dans les entreprises[2], à l’heure où la symétrie des attentions[3] rassemble sans cesse plus de partisans, à l’heure de la Marque Employeur, du bien-être en entreprise, de la gestion des talents, des Chief Happiness Officers, des « millenials » ou encore du management bienveillant, il me semble essentiel en effet de s’interroger sur ce sujet. En adoptant le prisme qui est le mien, celui du « management par le care », je reviens ici sur ce piège, sur ce qu’il révèle de notre culture managériale et sur ce qu’il implique en termes de changement.

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Le mythe Stephen HAWKING ou la parabole des Invisibles : quand le care est nié

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Le décès du célèbre physicien a été l’occasion de questionner le remarquable storytelling qui entourait le personnage, l’érigeant en « scientifique parfait », pur esprit libéré des contingences terrestres… Or, comme le souligne la sociologue Claire Mialet dont l’analyse était reprise dans l’édition du 15 mars du Figaro, « cette vision masque pourtant une réalité bien différente (…) : Hawking était au contraire au cœur d’un système complexe, éminemment matériel, qui lui permettait d’exister et de produire de la science. (…) Des infirmières s’occupaient de lui en permanence. Il ne pouvait exister qu’au sein de cet étroit réseau, invisible depuis l’extérieur. »

C’est pour moi l’occasion de partager un regard sur le care, en m’appuyant sur la contribution de S. Laugier et P. Paperman qui ouvre le livre séminal de Carol Gilligan sur l’éthique du care.

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